KMS BISMARCK

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KMS BISMARCK

Messagepar Guns » Lun 28 Juin 2010 19:53

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La genèse

Le lancement du BISMARCK eut lieu en 1934, au moment où le tonnage des nouveaux bâtiments de combat des puissances navales de l’époque commençait à dépasser largement les 35.000 t autorisées par le Traité de Washington. Ces nations industrialisées s’étaient alors lancées dans la production effrénée de cuirassés toujours plus gros et plus lourds, persuadées de leur domination dans une bataille navale. Afin de pouvoir tenir tête aux cuirassés de la Royal Navy, le BISMARCK était armé de huit pièces de marine de 380 mm et dépassait donc les 50.000 t à pleine charge. Sa quille fut posée le 1er juillet 1936 dans le port d’Hambourg de Blohm und Voss. L’énorme navire fut lancé le 14 février 1939 et entra en service actif le 24 août de l’année suivante.

Le voyage sans retour

Le 19 mai 1941, accompagné du croiseur lourd PRINZ EUGEN, le cuirassé BISMARCK prit la mer pour son voyage inaugural, sous le commandement de l’amiral Lütjens. Mission : « Rheinübung », c’était le nom de code pour la nouvelle tactique élaborée par la Kriegsmarine. Conscient de la suprématie numérique des navires de combat britanniques, Hitler avait ordonné à sa marine de guerre de concentrer essentiellement ses attaques sur les navires de transport logistique britanniques, surtout les nombreux convois en provenance d'Amérique du Nord. Cette tactique, qui s'apparentait davantage à une guerre de course qu’à une confrontation navale directe, s’appuierait sur le puissant BISMARCK, ainsi qu’à son jumeau, le TIRPITZ, pour aller harceler continuellement les voies de ravitaillement britanniques. Associé aux cuirassés de poche SCHARNHORST et GNEISENAU, et à l’aide des pétroliers stratégiquement positionnés un peu partout dans l'Atlantique, ce type d’harcèlement constituerait un « verrou » mortel pour la Grande-Bretagne. Et, à long terme, la Grande-Bretagne finirait asphyxiée, faute d’approvisionnements suffisants.

Cependant, Lütjens commit sa première erreur tactique en quittant le port de mouillage en plein jour, d’autant que le départ de deux gros bâtiments de guerre ne manquait jamais d’attirer les curieux… et les espions. D’ailleurs, l’information de son départ n’allait pas tarder à parvenir à l’Amirauté, sur le bureau de l’amiral Tovey, commandant de la Home Fleet. Lütjens emprunta ensuite le Détroit du Skagerrak pour atteindre la Mer de Nord, au lieu du canal de Kiel et, pour finir, il voyageait avec 200 tonnes de mazout en moins dans les soutes. Son imprudence lui valut d’être repéré le 22 mai au matin par un avion de reconnaissance du Coastal Command qui, dès le jour suivant, lança un premier raid aérien sur l’escadre allemande. Toutefois, à cause d’une météo exécrable au-dessus de la Mer du Nord, les avions manquèrent les navires allemands.

L’amiral Tovey se retrouva à ce moment-là devant plusieurs choix difficiles. Il savait que, pour rejoindre l’Océan atlantique, le BISMARCK pouvait très bien emprunter le Détroit de Danemark, en longeant l’Islande par le nord. Mais il pouvait également emprunter le « couloir » séparant l’Islande et les Iles Féroé et, pour finir, l’espace qui séparait les Iles Féroé de l’Ecosse. Ce qui en faisait trois zones très vastes à surveiller. Il n’avait sous son commandement que des croiseurs et des destroyers, et seulement quatre vaisseaux de ligne capables de tenir tête au BISMARCK : les cuirassés KING GEORGE V et PRINCE OF WALES, ainsi que les croiseurs de bataille REPULSE et HOOD, la fierté de la Royal Navy toute entière. Diviser ses unités lui permettrait de quadriller une plus large zone, mais cela reviendrait à diminuer leur puissance de feu une fois le contact établi. Les concentrer augmenterait considérablement leur puissance de feu, mais ce serait risquer de voir les bâtiments allemands passer entre les mailles du filet. Finalement, l’amiral fit le bon choix en envoyant deux des croiseurs, SUFFOLK et NORFOLK, patrouiller le long du Détroit du Danemark, alors que les trois autres croiseurs - ARETHUSA, BIRMINGHAM et MANCHESTER - quadrillaient l’espace séparant l’Islande des Iles Féroé. Les croiseurs SUFFOLK et NORFOLK détectèrent finalement la présence du cuirassé allemand dans le détroit et le signalèrent à Tovey. Le PRINCE OF WALES et le HOOD, avec l’amiral Holland à son bord, quittèrent précipitamment Scapa Flow pour aller intercepter l’escadre de Lütjens à la sortie du détroit. Tovey lui-même s’embarqua à bord de son navire-amiral, le KING GEORGE V, pour aller verrouiller le passage Islande-Féroé, escorté du REPULSE et du seul porte-avions disponible, le VICTORIOUS.

La rencontre eut lieu au matin du 24 mai 1941. Mais, par un malheureux concours de circonstances, les navires britanniques arrivèrent en retard sur les lieux du rendez-vous, et en se présentant pratiquement à angle droit et à contre-vent par rapport aux navires allemands, de telle sorte que ces derniers pouvaient aisément leur « barrer le T », c’est-à dire qu’ils pouvaient faire feu avec toutes leurs tourelles disponibles, tandis que les Britanniques ne pouvaient utiliser que les tourelles avant. Le PRINCE OF WALES et le HOOD durent manœuvrer pendant de longs moments, pour essayer de se placer sur une route presque parallèle à l’escadre allemande. Holland, commandant de l’escadre britannique, commit alors l’erreur fatale de ne pas laisser le PRINCE OF WALES prendre la tête de l’attaque. Par conséquent, dès les premiers échanges de tirs, les salves allemandes étaient directement braquées sur le croiseur HOOD, nettement moins bien protégé. Son autre erreur fut de ne pas avoir ordonné une attaque simultanée des deux croiseurs SUFFOLF et NORFOLK, afin de « soulager » le HOOD des tirs allemands de plus en plus précis.

Et, pour ne pas arranger les choses, les deux navires britanniques présentaient des défauts qui auraient pu se révéler fatals à toute l’escadre. Le PRINCE OF WALES, bien qu’il fût déclaré bon pour le service depuis quelque temps, continuait à souffrir de problèmes de mise au point, notamment au niveau de ses tourelles. L’un de ses canons avant était même inutilisable. Quant au HOOD, c’était un croiseur de bataille et non un cuirassé. Ses concepteurs avaient privilégié la vitesse et la puissance de feu au détriment du blindage. Il n’avait pas été conçu pour tenir tête à un cuirassé, mais plutôt pour détruire tout croiseur ennemi qu’il croiserait sur sa route, grâce à son armement plus lourd. Des croiseurs de cette classe, dont la conception remontait à la Première Guerre Mondiale, furent particulièrement vulnérables dans des « rencontres » type Jutland. Deux d’entre eux avaient littéralement explosé sous les tirs ennemis… L’Amirauté avait donc décidé de renforcer le blindage du HOOD durant les années précédant la Seconde Guerre Mondiale. Mais, ce nouveau conflit s’approchant à grands pas, le renforcement du HOOD fut à nouveau repoussé à plus tard…

Au bout de quelques salves, les gerbes de 380 mm du BISMARCK commençaient déjà à encadrer le croiseur britannique. Puis, l’un après l’autre, le PRINCE OF WALES et le HOOD furent atteints. L’amiral Holland ordonna alors à ses deux navires de virer à bâbord, afin de pouvoir bénéficier de toute leur artillerie. Ce fut à ce moment précis que le HOOD encaissa l’obus qui allait sceller son sort… Le projectile de 380 mm traversa le pont non blindé du croiseur, avant d’exploser dans une de ses soutes à munitions. Il y eut une explosion terrible, et le HOOD se brisa en deux, puis sombra en quelques minutes. Il emporta 1.426 âmes dans sa descente vers les abysses.

Aussitôt le HOOD disparu, les artilleurs du PRINZ EUGEN et du BISMARCK concentrèrent à nouveau leur tir sur le PRINCE OF WALES, qui dut encaisser de nouveaux obus de gros calibre. Un obus de 380 mm atteignit la passerelle et tua pratiquement tous ceux qui s’y trouvaient. Les tourelles du cuirassé tombaient en panne l’une après l’autre et une voie d’eau commençait à se déclarer au niveau de la proue. Complètement hors de combat, le PRINCE OF WALES prit la fuite en émettant un épais écran de fumée. Sans défense et ralenti par la voie d’eau, le navire britannique était à présent à la merci du BISMARCK qui, avec quelques salves bien ajustées, en viendrait certainement à bout. Mais il n’en fut rien, car Lütjens se désengagea. Malgré les tentatives de Lindermann pour le convaincre de poursuivre le combat et d’achever le cuirassé britannique, Lütjens préféra suivre ses propres instructions de ne pas engager des unités de combat adverses, mais plutôt de traquer des unités logistiques. Lütjens essaya donc de regagner la sécurité du grand large au plus vite, laissant passer sa chance unique de détruire le PRINCE OF WALES, un cuirassé flambant neuf qui était entré en service que depuis quelques semaines… En vérité, Lütjens avait supposé que si deux unités importantes de la Home Fleet étaient là pour l’acceuillir à la sortie du détroit, d’autres unités britanniques devraient également être à sa recherche, d’où son empressement à vouloir disparaître des lieux de l’engagement.

La nouvelle de la destruction du HOOD fut retentissante, aussi bien au sein de la Royal Navy que dans l’opinion britannique. Elle fut perçue comme un drame national et une défaite bien plus lourde et humiliante que la simple perte d’un navire de guerre, car ce croiseur de bataille était l’orgueil-même de l’Amirauté. Aux yeux des Britanniques, il était invincible et indestructible, d’où son surnom de « Mighty Hood ». Lorsque la triste nouvelle parvint aux oreilles de Winston Churchill, son ordre fut cinglant et sans équivoque : « Sink the BISMARCK ! At any cost ! » (Coulez le BISMARCK ! A n’importe quel prix !)
Il était impératif de laver cet affront. Un seul navire allemand venait de réussir l’exploit de détruire le navire le plus prestigieux de l’Empire britannique en l’espace de quelques minutes, et à mettre en fuite un second navire de ligne, l’un des plus modernes de l’époque ! Tovey, qui était le commandant de la Home Fleet, savait que la lourde tâche reposait désormais sur ses épaules. Son escadre devait réussir à débusquer le cuirassé allemand dans le vaste océan et à le détruire. Sa première incursion en Atlantique devait être impérativement sa dernière. Et l'Atlantique Nord serait son tombeau…

Tovey ordonna au PRINCE OF WALES de rallier les croiseurs NORFOLK et SUFFOLK, et de continuer à pister le cuirassé allemand. Une fois ses tourelles réparées, le cuirassé britannique avait même échangé des tirs sporadiques avec le BISMARCK, mais il fut à chaque fois repoussé. Quant à l’Amirauté, elle ordonna à l’amiral Sommerville de quitter son mouillage à Gibraltar sans tarder, afin de couper la route du BISMARCK par le sud. Sommerville commandait alors la Force H, composée du porte-avions ARK ROYAL, du croiseur de bataille RENOWN et d’un autre croiseur lourd, le SHEFFIELD. Tovey, à bord du KING GEORGE V, se positionna lui-même dans le sud-ouest pour intercepter l’escadre allemande. Il fut bientôt rejoint par le puissant cuirassé RODNEY, qui devait normalement partir pour un carénage à Boston.

Entre-temps, le BISMARCK avait fait demi-tour et surpris l’escadre du PRINCE OF WALES dans son sillage. Un nouvel échange de tirs eut lieu et, dans la confusion, le croiseur PRINZ EUGEN parvint à disparaître seul dans l’Atlantique. Cette fois, un obus du cuirassé britannique parvint à toucher le BISMARCK et à détruire l’une de ses chaudières. Un autre obus parvint également à percer sa proue, et creva l’un des réservoirs de mazout, laissant échapper pas moins de 200 tonnes du précieux combustible. Lütjens prit alors la décision de rejoindre le port français le plus proche : Brest. Et, pour économiser le mazout qui lui restait, il réduisit sa vitesse à 20 nœuds.
Tovey ordonna au VICTORIOUS de lancer sa première attaque aérienne malgré le temps exécrable de l’Atlantique Nord. Les vieux Swordfish attaquèrent le cuirassé allemand à la torpille mais n’obtinrent aucun résultat. Mais leur seule présence était suffisante pour faire comprendre à Lütjens que, mis à part les deux unités de surface qu’il avait affrontées, d’autres unités britanniques étaient déjà à l’affût. Et plus le temps passait, plus il y aurait d’unités britanniques qui viendraient lui barrer le chemin de la retraite. L’opération Rheinübung était un échec ! La présence des deux bâtiments britanniques à la sortie du détroit n'était pas un hasard. Les Britanniques avaient eu vent de l’opération depuis le départ du BISMARCK ! Par conséquent, la seule alternative qui lui restait était de rejoindre un port français et de se retrouver sous la couverture de la Luftwaffe au plus vite…

Peu après l’attaque aérienne, les bâtiments britanniques perdirent la trace du cuirassé allemand à cause du mauvais temps qui régnait à ce moment-là au-dessus de l’Atlantique. Tovey commençait alors à avoir des incertitudes à l’itinéraire du BISMARCK. La Royal Air Force et le Coastal Command lancèrent des patrouilles de reconnaissance un peu partout pour tenter de le débusquer. Tovey changea même plusieurs fois la route de son escadre, sans succès. Ce fut alors que Lütjens commit l’erreur de rompre le silence radio, en signalant son intention de rejoindre un port français. Un peu plus tard, les services de renseignement britanniques interceptèrent un message d’un officier français annonçant les préparatifs dans le port de Brest pour l’arrivée d’un gros bâtiment. Ce message ne laissait donc plus de place au doute…

Une fois la méprise passée, les Britanniques finirent par déterminer l’itinéraire emprunté par le BISMARCK et, le 26 mai au matin, un hydravion Catalina du Coastal Command confirma la position exacte du cuirassé allemand. Et, malheureusement pour Tovey, il avait déjà pris beaucoup d’avance sur les cuirassés KING GEORGE V et RODNEY, pour que ces derniers puissent avoir encore une chance de le rattraper. Tovey savait que bientôt la zone serait infestée de sous-marins allemands, rameutés pour la protection du BISMARCK et, lorsque le cuirassé se serait parvenu à quelques centaines de kilomètres des côtes françaises, il se trouverait définitivement sous la couverture aérienne allemande. Et l’idée même de vouloir le couler serait tout simplement du suicide…

Cependant, il lui restait une dernière carte à jouer : la Force H de Sommerville qui arrivait du Sud !

Sommerville était hésitant pour intercepter le cuirassé allemand. Son croiseur lourd SHEFFIELD n’était absolument pas de taille face au BISMARCK. Il était plus taillé pour la course et seulement à se mesurer à des unités de sa catégorie. Quant au jumeau du REPULSE, le RENOWN, il n’était qu’un croiseur de bataille tout comme le HOOD, et il n’était armé que de 6 canons de 381 mm. Et si le HOOD n’avait eu aucune chance contre le BISMARCK, le RENOWN n’en aurait pas davantage… Lui restait donc le porte-avions ARK ROYAL, avec ses antiques avions-torpilleurs Swordfish. Ce qui représentait une menace bien dérisoire face au géant allemand.

Le BISMARCK atteignit finalement la couverture aérienne des FW-200 Condor basés en France, mais ceux-ci ne lui étaient d’aucune aide, car les conditions météo étaient bien trop mauvaises. Le 26 mai dans l’après-midi, l’ARK ROYAL lança sa première attaque aérienne, sans plus de succès. Certains pilotes de Swordfish confondirent même le croiseur SHEFFIELD avec le BISMARCK et manquèrent de le couler ! Heureusement pour le croiseur britannique, les torpilles étaient munies d’un nouveau détonateur magnétique non encore testé. Les torpilles explosèrent l’une après l’autre dès leur contact avec l’eau. Mais paradoxalement, ces échecs répétés ne firent que renforcer le moral des Britanniques, qui voulaient venger le HOOD à tout prix. Les Swordfish furent rééquipés de torpilles avec les anciens détonateurs dits « de contact », qui faisaient exploser la charge seulement au contact d’une coque de navire. La seconde attaque fut donc lancée vers 21H30, le 26 mai 1941. C’était la toute dernière attaque possible avant l’obscurité totale. Mais elle devait être tentée car le cuirassé allemand risquait d’être déjà trop proche des côtes françaises le lendemain matin.

Le BISMARCK parvint à éviter la plupart des torpilles, à part deux. La première qui explosa au centre du navire, au niveau de sa ceinture, ne causa que des dégâts mineurs. Mais la deuxième torpille, larguée d’une manière acrobatique (le torpilleur s’était penché hors du Swordfish pour observer la descente de la torpille), atteignit le navire au niveau de la poupe et en bloquant son gouvernail principal. Le cuirassé se mit alors à virer au nord-ouest, malgré des efforts désespérés de son équipage pour redresser la barre. Il se dirigeait à présent en direction de l’escadre de Tovey qui, lui, arrivait à toute vapeur.

Pendant ce temps, Tovey était persuadé d’avoir manqué l’occasion ultime d’arrêter le cuirassé, lorsque le croiseur SHEFFIELD lui signala tout à coup que le BISMARCK venait droit sur lui.
Le croiseur britannique manœuvra rapidement devant le BISMARCK, afin d’éviter un engagement direct durant la nuit. Néanmoins, il ordonna aux destroyers de lancer leurs attaques à la torpille pour commencer à harceler l’Allemand, mais surtout, de ne plus perdre sa trace ! Aucune de leurs torpilles ne fit mouche, car le BISMARCK, grâce à ses tirs bien ajustés, parvint à les tenir à distance. Aucun destroyer ne put s’approcher suffisamment pour lancer leurs torpilles avec précision. En contrepartie, certains destroyers durent subir des avaries et de nombreuses pertes.

Le 27 mai 1941, à 08H43 du matin, le BISMARCK se retrouvait face à son Destin : deux cuirassés britanniques avançaient droit sur lui. C’étaient le RODNEY, et le KING GEORGE V, navire-amiral de Tovey. Le RODNEY ouvrit les hostilités avec ses 9 pièces de marine de 406 mm, suivi de peu par le KING GEORGE V avec ses dix pièces de 356 mm. Si les premières salves du BISMARCK restaient toujours aussi précises, le cuirassé allemand n’allait pas tarder à encaisser les premiers obus de gros calibre. Les obus britanniques balayèrent la passerelle du BISMARCK, détruisirent ses systèmes de pointage, rendant les tirs allemands de plus en plus imprécis et aléatoires. L’une après l’autre, les quatre tourelles principales furent mises hors de combat, et des débuts d’incendie commençaient à se déclarer un peu partout à travers tout le navire. Le RODNEY lança plusieurs salves de torpilles sur le BISMARCK à courte distance, mais, bien que touché, ce dernier continuait d’avancer. Tovey ordonna de cesser les tirs au bout de deux heures, et le croiseur DORSETSHIRE lança une nouvelle salve de torpilles sur chaque bord du cuirassé. Toutefois, le BISMARCK s’obstinait toujours à rester à flot. Finalement, ce ne furent pas les torpilles qui eurent raison du cuirassé, mais son équipage, qui finit par le saborder. De violentes explosions crevèrent ses flancs et, à 10H40, le BISMARCK chavira enfin. Il coula pavillon au vent.

Sur un équipage de 1.800 hommes, le DORSETSHIRE ne repêcha que 115 survivants. Les autres furent abandonnés sur place, sous les yeux horrifiés des marins britanniques. Selon la version officielle, l’un des navires britanniques aurait aperçu le sillage d’un U-Boot. Les navires furent donc contraints d’abandonner le repêchage des rescapés. Mais même si cela avait vraiment été le cas, il était fort peu probable que le sous-marin allemand tire sur des navires britanniques qui portaient secours à ses camarades… Lorsque, à la demande du gouvernement allemand, le navire-hôpital espagnol CANARIAS arriva sur les lieux du naufrage, il n’y avait plus aucun survivant…

La destruction du BISMARCK eut le même impact en Allemagne que celle du HOOD en Grande-Bretagne, car le cuirassé allemand était devenu un symbole d’invincibilité face à la si puissante marine britannique. Mais pour le Haut Commandement de la Kriegsmarine, cette perte représentait bien davantage qu’un simple choc psychologique car, à la différence de la Royal Navy, la Kriegsmarine ne possédait pas d’unités aussi puissantes que le BISMARCK ou le TIRPITZ en nombre suffisant. Cette perte allait donc changer toute la donne sur le plan opérationnel. Le concept de guerre de course fut peu à peu abandonné. Les « grosses » unités de surface allemandes ne firent plus que des sorties sporadiques dans la Mer du Nord pour menacer les convois alliés en partance pour la Russie. Quant au TIRPITZ, sur ordre d’Hitler, il ne put même plus quitter son abri des fjords norvégiens jusqu’à sa destruction finale en 1944. Ledit "Führer" ne voulait tout simplement pas que le TIRPITZ connaisse la même mésaventure que son jumeau BISMARCK…


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Données techniques du BISMARCK

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KMS Bismarck (Bismarck Class) - Alvama Design
Sources: Shipbucket
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