Jefferson Joseph deBlanc, USMC

Ces hommes et ces femmes qui ont fait l'Histoire de l'aéronautique qu'elle soit navale ou non

Jefferson Joseph deBlanc, USMC

Messagepar Guns » Dim 24 Oct 2010 18:06

Fiche militaire :

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Service actif : 1941 - 1942 (USN), 1942 - 1972 (USMC)
Guerre : Seconde Guerre Mondiale
Missions de combat :
Victoires aériennes homologuées : 9
Appartenance : VMA-112
Avions : F4F Wildcat
Grade le plus élevé : Colonel
Médailles :
-Congressional Medal of Honor
-Distinguished Flying Cross
-Purple Heart
-Air Medal (5)
-Presidential Unit Citation
-American Campaign Medal
-Asia-Pacific Campaign Medal with Silver Star
-World War II Victory Medal


31 janvier 1943, bataille de Guadalcanal. Le 2nd lieutenant deBlanc menait une escadrille de huit F4F Wildcat dans une mission d'escorte de bombardiers SBD Dauntless. Ces derniers avaient pour t√Ęche d'attaquer les navires de ravitaillement nippons qui tentaient de rallier l'√ģle de Guadalcanal. L'id√©e √©tait d'attaquer le convoi ennemi le plus loin possible de l'√ģle. Ainsi, en cas d'√©chec, les avions pouvaient revenir √† temps pour se ravitailler √† Henderson Field, puis d'attaquer √† nouveau.
A 400 km des c√ītes, deux des Wildcat signal√®rent √† deBlanc qu'ils allaient devoir faire demi-tour √† cause d'un probl√®me de moteur. Et, malgr√© les protestations de deBlanc, qui leur expliquait que toutes les mitrailleuses seraient indispensables pour la mission, les deux hommes ne tard√®rent pas √† rebrousser chemin. Souffrant lui-m√™me de probl√®me d'huile, deBlanc poursuivait n√©anmoins sa mission, car il savait que plus il manquerait de Wildcat, plus les chances des bombardiers de se faire abattre augmenteraient...
Une fois arriv√©s sur la zone, les bombardiers descendirent un √† un en basse altitude pour aller guetter les navires. DeBlanc rep√©ra alors sur sa gauche deux hydravions Pete japonais fondre sur les Dauntless. Sans perdre de temps, il effectua un tonneau √† gauche et se r√©tablit derri√®re l'un des Japonais, juste au moment o√Ļ des lignes de balles tra√ßantes pass√®rent pr√®s de son cockpit.
Le jeune Cajun se mit à osciller de gauche à droite pour éviter les rafales. Et, une fois suffisamment proche d'un des deux Pete, deBlanc ouvrit le feu. Les rafales de 12.7 mm ravagèrent instantanément l'hydravion japonais, qui prit feu et tomba en tournoyant. Poussant les gaz, deBlanc rattrapa le second Pete et s'aligna doucement derrière lui. Il ouvrit à nouveau le feu, et ses balles transpercèrent le réservoir ventral de l'hydravion. Le Pete s'alluma comme une torche puis explosa, projetant des débris dans toutes les directions.
Pratiquement à court de carburant, deBlanc décida quand même de rester pour protéger les bombardiers jusqu'au bout. Il demanda seulement à ses hommes de guetter les canots de sauvetage au-dessus de l'eau, étant donné qu'il n'aurait pas de quoi retourner à la base... mais qu'en aucun cas, ils ne devraient l'oublier, car les requins, eux, ne l'oublieraient pas.
Alors que DeBlanc reprenait de l'altitude pour rejoindre les bombardiers, il vit soudain, haut devant lui, tout un essaim de chasseurs japonais : c'étaient des Ki-43 Oscar.
Etrangement, les chasseurs japonais ne semblaient pas avoir remarqu√© deBlanc et son ailier, car ils continuaient √† piquer vers les bombardiers Dauntless. DeBlanc en profita pour virer sous la formation ennemie et s'aligna derri√®re l'avion de t√™te, mais en restant plus bas. L√† o√Ļ le Japonais ne pourrait pas le voir.
DeBlanc ouvrit le feu et incendia l'Oscar. Ce dernier bascula à gauche et s'enfuit. L'ailier du Japonais touché monta alors en spirale à gauche pour voir ce qui se passait. DeBlanc le prit alors en chasse.
L'Oscar continua sa spirale, car il n'avait toujours repéré les deux Américains dans ses six heures. DeBlanc ouvrit le feu et l'Oscar explosa.
Les autres Oscar interrompirent aussit√īt leur attaque pour se retourner vers deBlanc et son ailier. Ils fondirent sur eux comme des abeilles furieuses. DeBlanc et son ailier adopt√®rent aussit√īt la manoeuvre d√©fensive "Thach Weave", qui consistait √† voler l'un vers l'autre pour se couvrir mutuellement.
La manoeuvre semblait fonctionner durant un temps, car aucun Oscar n'osait prendre l'initiative de les attaquer. Malheureusement, lors d'un virage, l'ailier de deBlanc s'écarta trop de sa trajectoire. L'un des Oscar en profita et l'abattit.
DeBlanc √©tait seul √† pr√©sent, un autre Oscar plongea aussit√īt derri√®re lui et le prit en chasse. DeBlanc tenta toutes sortes de manoeuvres mais le Japonais restait coll√© derri√®re lui. Apparut alors Jim Seacrest, un des ailiers de deBlanc, qui attaqua le chasseur japonais en passe frontale. Il passa au-dessus de deBlanc tout en mitraillant. L'Oscar se retourna et plongea pour √©viter la rafale. Il disparut du champ de vision de deBlanc.
DeBlanc scruta le ciel tout autour de lui, il n'y avait plus aucun appareil en vue. Alors, il d√©cida de faire demi-tour. Il poussa les gaz √† fond et grimpa. DeBlanc voulait se rapprocher le plus pr√®s possible des c√ītes avant de devoir s'√©jecter dans cette eau infest√©e de requins. De plus, la nuit allait tomber...
Bient√īt, deBlanc rep√©ra la formation de bombardiers devant lui. Ils avaient termin√© leur mission et √©taient sur le chemin du retour. Ce fut alors qu'il vit deux Oscar dans ses trois heures haut. Les Japonais piquaient sur les bombardiers et ne semblaient pas l'avoir remarqu√©.
N'ayant pratiquement plus de carburant, deBlanc connaissait néanmoins son devoir. Il entama un virage ascendant à droite, en direction des deux Oscar, et adopta l'attaque frontale. Les deux Japonais le repérèrent à présent et piquèrent vers lui. DeBlanc pressa la détente presque en même temps que l'Oscar qui se trouvait dans son viseur. Mais le Japonais explosa tout aussi rapidement, incapable de soutenir le feu simultané de six Browning. Il avait accepté un duel avec plus fort que lui...
DeBlanc traversa le nuage de d√©bris sans pouvoir l'√©viter √† temps. Retrouvant doucement ses esprits, il vit le second Oscar descendre rapidement derri√®re lui. A son altitude, il n'√©tait plus possible de plonger o√Ļ il irait percuter la mer, il n'√©tait pas non plus possible de remonter o√Ļ il se ferait "coiffer" aussi sec. Le Japonais √©tait bien plac√© pour le descendre cette fois...
Dans sa tête, deBlanc se dit : "Mon vieux, t'es un homme mort."
Puis, deBlanc poussa les gaz à fond et zigzagua au-dessus des flots, le Japonais se rapprochant toujours davantage de lui. Soudain, deBlanc freina et joua des palonniers pour faire déraper son avion. Arrivant à toute vitesse, le Japonais fut incapable de freiner à temps. Il passa lentement à droite du Wildcat et les deux hommes se regardèrent pendant un moment. Puis l'Oscar japonais passa devant le cockpit de deBlanc, qu'il l'abattit d'une courte rafale.
Pour deBlanc, c'en √©tait d√©j√† trop. C'√©tait sa cinqui√®me victoire de la journ√©e, et il √©tait grand temps d'en finir. Il √©tait certain qu'il allait finir par se faire tuer s'il moisissait encore dans le coin. Il poussa √† nouveau les gaz et grimpa. Instinctivement, il leva le bras pour consulter sa montre au moment o√Ļ une balle de 7.7 mm frappa le bracelet et le coupa.
Pour la première fois de la journée, deBlanc prit peur. Son Wildcat était dans la ligne de tir d'un Oscar, et il n'y avait plus moyen d'y échapper. Son fuselage fut criblé de balles, puis ce fut le tour du moteur et de l'hélice. DeBlanc se fit tout petit derrière le blindage de son siège.
Finalement, le moteur prit feu. DeBlanc sut que le moment √©tait venu de s'√©jecter. Il d√©tacha ses sangles et fit sauter la verri√®re, puis retourna l'appareil et se laissa tomber. DeBlanc nagea jusqu'√† une √ģle tenue par des Japonais mais, par chance, il fut recueilli par une tribu amie qui le rendit sain et sauf aux forces am√©ricaines.


Citation pour la Médaille d'Honneur :

For conspicuous gallantry and intrepidity at the risk of his life above and beyond the call of duty as Leader of a Section of Six Fighter Planes in Marine Fighting Squadron ONE HUNDRED TWELVE, during aerial operations against enemy Japanese forces off Kolombangara Island in the Solomons Group, 31 January 1943. Taking off with his section as escort for a strike force of dive bombers and torpedo planes ordered to attack Japanese surface vessels, First Lieutenant DeBlanc led his flight directly to the target area where, at 14,000 feet, our strike force encountered a large number Japanese Zeros protecting the enemy's surface craft. In company with the other fighters, First Lieutenant DeBlanc instantly engaged the hostile planes and aggressively countered their repeated attempts to drive off our bombers, persevering in his efforts to protect the diving planes and waging fierce combat until, picking up a call for assistance from the dive bombers under attack by enemy float planes at 1,000 feet, he broke off his engagement with the Zeros, plunged into the formation of float planes and disrupted the savage attack, enabling our dive bombers and torpedo planes to complete their runs on the Japanese surface disposition and to withdraw without further incident. Although his escort mission was fulfilled upon the safe retirement of the bombers, First Lieutenant DeBlanc courageously remained on the scene despite a rapidly diminishing fuel supply and, boldly challenging the enemy's superior number of float planes, fought a valiant battle against terrific odds, seizing the tactical advantage and striking repeatedly to destroy three of the hostile aircraft and to disperse the remainder. Prepared to maneuver his damaged plane back to base, he had climbed aloft and set his course when he discovered two Zeros closing in behind. Undaunted, he opened fire and blasted both Zeros from the sky in short, bitterly fought action which resulted in such hopeless damage to his plane that he was forced to bail out at a perilously low altitude atop the trees on enemy-held Kolombangara. A gallant officer, a superb airman and an indomitable fighter, First Lieutenant DeBlanc had rendered decisive assistance during a critical stage of operations, and his unwavering fortitude in the face of overwhelming opposition reflects the highest credit upon himself and adds new luster to the traditions of the United States Naval Service.


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Sources: acepilots.com
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