Charles Augustus Lindbergh

Ces hommes et ces femmes qui ont fait l'Histoire de l'aéronautique qu'elle soit navale ou non

Charles Augustus Lindbergh

Messagepar vigi » Mer 6 Avr 2011 22:24

Fiche militaire :

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4 f√©vrier 1902 - 26 ao√Ľt 1974


Avions : Ryan NYP Spirit of St Louis
Médailles :
-Medal of Honor


En ce vendredi 20 Mai 1927, jour de la saint Bernardin, la météo n'est pas des plus fameuse sur le lieu qui est aujourd'hui la petite bourgade d'Amityville dans la banlieue New-Yorkaise.
Pourtant sur le terrain d'aviation de Roosevelt Field, un petit appareil se place à son extrémité, pousse les gaz et s'élance péniblement.
Une femme sur le bord du terrain se tord les doigts d'angoisse.
Elle n'est pas très au fait de ces choses de l'aviation, mais elle sait bien qu'un appareil qui embarque plus que son propre poids d'essence n'est pas une chose des plus sérieuses...
Deux tonnes de charge dans un appareil d'un peu plus de 8 mètres de long, avec un seul moteur de seulement 223 ch.
Non, vraiment elle n'est pas rassuré, d'autant que c'est sa propre chair qui est aux commandes, son fils Charles et, seul qui plus est.
John Van der Linde a beau rassurer Madame Lindbergh en lui vantant les qualit√©s de l'appareil qu'il a lui m√™me con√ßu, cette derni√®re est au pire de son angoisse lorsqu'elle voit l'appareil s'√©lever p√©niblement aux limites du terrain et fr√īler la cime des arbres qui le borde.

Il est 7h54 (heure de New-York), le Ryan NYP Spirit of St Louis est désormais face à son destin.
Aux commandes de cet appareil, un pilote de l'US Navy qui a été détaché à l'US Army Air Corps pour parfaire son entrainement.
Il est ensuite employé comme pilote dans une compagnie postale qui relie Saint Louis et Chicago.
Compagnie qu'il quitte pour préparer au mieux un raid tant convoité... Relier Paris et New-York sans escale.

Dix jours auparavant, ce sont deux pilotes français qui ont tenté la chose, Nungesser et Coli...
En ce 20 Mai 1927, on est toujours sans nouvelles des deux hommes.
Alors que Lindbergh vient de d√©coller, c'est Clarence Chamberlain et aussi Richard Byrd, le vainqueur du P√īle, qui attendent une m√©t√©o cl√©mente sur les bords de Roosevelt Field, pour tenter ce d√©fi.
En prenant ce risque météo, Lindbergh vient de leur couper l'herbe sous le pied... Mais faut-il encore qu'il réussisse.

Charles Lindbergh a largement supervisé la construction de son appareil dans les ateliers Ryan de San-Diego.
Avec une seule obsession, la masse.
Il fait supprimer les jauges de carburant en les remplaçant par un jeu de robinet.
Je calculerai à l'aide ma montre, dit-il à John Van der Linde qui dirige l'atelier de construction.
Ne mettez qu'un anémomètre, un gyroscope et un compas magnétique ajoute-il, je n'ai besoin de rien d'autre pour ma navigation.
Je veux un fauteuil le plus inconfortable possible, il ne faut pas que je m'endorme... Faites-le donc en osier.
Et John Van der Linde de s'exécuter.
Lindbergh a une autre angoisse, le moteur, en cas d'accident au décollage, il a peur d'être écrasé par ce dernier, il exige de disposer l'imposant réservoir de 1 700 litres de carburant entre lui et le moteur.
Il n'est d'ailleurs pas certain que cette idée lui aurait sauvé la vie en cas de crash sur Roosevelt Field, mais qu'importe, là n'est pas la question.
Avec cette exigence, les ateliers Ryan ne peuvent fournir une vue vers l'avant au pilote. Les ingénieurs bricolent donc un petit périscope qui permet à Charles Lindbergh d'avoir un vague aperçu de ce qui se passe devant lui...
Tellement vague, qu'il préfèrera passer la tête par les fenêtres latérales en faisant déraper son appareil à gauche et à droite durant le vol pour vérifier ce qu'il à devant lui.

Terre-Neuve.
Lindbergh laisse derrière lui cette bande de terre Canadienne et file maintenant plein Est au dessus de l'Atlantique.
La météo déjà peu clémente se dégrade encore plus, de la pluie, et même des tempêtes de neige vont se mettre en travers du chemin du Spirit of St Louis.
Pour couronner le tout, l'Atlantique est dans le brouillard, Lindbergh ne voit pas l'océan qui est recouvert par une couche de brume de 15 mètres et le plafond est à 3000 mètres...
Pas d'étoiles, pas de vue sur l'océan et pourtant, Lindbergh vol au bon cap avec seulement trois instruments comme seule référence !!

Les heures passent, l'appareil vole à 180 km/h avec souvent des vents contraires.
Ce fauteuil en osier qui avec les heures et la fatigue devient de plus en plus confortable.
Par trois fois Lindbergh s'assoupit, mais il se réveille à chaque fois in-extrémis pour rattraper son appareil, qui finira même par toucher une fois le sommet des vagues avec son train d'atterrissage.

Et les heures continuent de s'écouler inexorablement.
Le moteur Wright Whirlwind J-5C ronronne toujours parfaitement. Linbergh se dit qu'il a eu raison de faire confiance à ce petit moteur de 223 ch dont on lui a tant vanté la fiabilité.

Soudain il croise un navire de pêche, il fait un tour au dessus de lui, hurle à l'intention de l'équipage, mais ce dernier ne l'entend pas... Charles en est certain, ce ne peut être qu'un navire de pêche irlandais.
Il regarde sa montre, trente heures... Voil√† trente heures qu'il est assis dans ce cockpit exigu√ę.
Il a sans doute raison pour les pêcheurs, car quelques temps après il survole les cotes d'Irlande.
Il peut maintenant savourer un de ses quatre sandwich et ses trois barres de chocolat... seules charges non indispensables au vol qu'il a embarqué à Roosevelt Field.
Cap sur l'Angleterre désormais.

L'Angleterre est passé, c'est maintenant la Manche, puis les cotes française, la baie de Seine.
Et enfin la délivrance.
Les feux de l'aérogare du Bourget sont allumés.
Nous sommes le Samedi 21 Mai, il est 22h20 (heure de Paris), après trente-trois heures et trente minutes de vol, Charles Lindbergh vient d'accomplir un exploit. Relier New-York et Paris en avion sans escale et, seul dans un appareil de 14 mètres d'envergure.

L'exploit est tellement énorme que c'est une foule de 100 000 personnes qui accueille le héros sur le terrain du Bourget.
Une foule qui n'est d'ailleurs pas mue par les meilleures intentions, car l'appareil de Lindbergh sera sérieusement endommagé par "des prélèvements de souvenirs", l'aviateur sera même détroussé de son précieux carnet de vol.
Carnet sur lequel il avait rapporté toutes les données de sa traversé, une perte bien dommageable car elle aurait sans doute permit au monde de tout connaitre sur ce vol historique.
Mais qu'importe, en ce Samedi 21 Mai 1927, jour de la saint Constantin, un jeune américain de 25 ans venait d'entrer dans la légende.
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